Eau

Les lacs

Est-ce normal qu’un lac vieillisse ?

Il est normal qu’un lac vieillisse…ce qui l’est moins, c’est qu’un être humain puisse dire qu’il a été témoin du vieillissement de son lac! En effet, le processus d’eutrophisation d’un lac se déroule normalement sur des milliers d’années. La principale cause de l’accélération du vieillissement d’un lac est l’urbanisation et la dénaturation de son bassin versant.

Qu’est-ce qu’un bassin versant ?

Un bassin versant est une portion de territoire délimitée par des lignes de crête, soit les plus hauts sommets d’où l’eau peut s’écouler vers un exutoire commun et l’alimenter : cours d’eau ou lac. On peut comparer un lac à un réservoir où l’eau se renouvelle en un temps plus ou moins long selon les apports en eaux du bassin. Ces apports proviennent des épisodes de pluies et de la fonte des neiges.

Est-ce que vous avez mesuré des effets d’augmentation de la température extérieure sur la prolifération des algues dans les lacs ?

Des printemps, été et automne chauds contribuent autant à la prolifération d’algues microscopiques (algues vertes, cyanobactéries, etc.) qu’à la prolifération de plantes (herbiers) aquatiques. On peut comparer cette croissance à l’effet d’une serre où l’exposition à une chaleur prolongée stimule la pousse des végétaux et nous permet de les faire pousser plus tôt, plus vite et plus longtemps. Idéalement, l’eau d’un lac doit rester la plus fraîche possible pour trois raisons. :

  • pour réduire la croissance des algues microscopiques (algues vertes, cyanobactéries, etc.)
  • pour réduire la croissance des plantes aquatiques
  • pour diminuer la couche d’eau chaude en surface.

Plus que l’eau est chaude, moins qu’il y a de l’oxygène qui peut être absorbé à partir de l’atmosphère et moins qu’un mélange des couches d’eau de surface avec les couches d’eau inférieurs est possible. Autrement dit, plus qu’elle est chaude, plus elle est un écran de passage d’oxygène vers l’eau profonde. Plus on a une croissance d’algues dans la couche d’eau chaude, plus elles consomment d’oxygène lors de leur décomposition. Au lac Saint-Charles, on observe donc un déficit d’oxygène dans les couches d’eau profondes, et ce dès le mois de juin. À partir du mois de juillet, c’est déjà à partir de 4 mètres de profondeur qu’on est en carence d’oxygène, et ce jusqu’à la fin octobre. Cette absence d’oxygène rend impossible la survie de la truite, et d’autres espèces vulnérables, qui ont besoin d’eau fraîche et d’oxygène pour vivre. De plus, cette carence d’oxygène augmente la probabilité que des nutriments et métaux contenus dans les sédiments soient libérées et se retrouvent dans la colonne d’eau.

Qu’en est-il de l'acidité dans les lacs ?

L’acidité n’est plus vraiment une préoccupation pour les lacs du Québec.

C’est un bel exemple de réussite de mobilisation citoyenne, politique et du monde industriel qui a mené à un revers de la situation. Il y a eu une très grande préoccupation de l’acidification des lacs qui provenaient des pluies acides. Le pH était tellement bas que toute vie dans les lacs était menacée. Ces pluies provenaient majoritairement des fonderies de cuivre de Rouyn Noranda et de l’Ontario. Il faut savoir que tout ce qui provient des grands lacs (vents, neige, pluie) affectent la région de Québec en raison des courants d’air dominants. À la fin des années 80, des programmes ont donc été mis en place pour réduire les émissions en soufre à l’origine des pluies acides. Ces programmes ont très bien réussi et les pluies sont quasi revenues à leur niveau d’acidité naturel.

Pour en savoir plus

Est-ce que les lacs partent du même niveau d’eutrophisation lors de leur formation ?

La plupart des lacs du Québec ont été formés suite à la fin de la dernière période de glaciation, il y a 10 000 à 12 000 ans. Pour un lac jeune, récemment formé, les eaux sont faiblement minéralisées, claires, et abritant seulement un petit nombre d’espèces végétales et animales, on dit alors qu’il est au stade oligotrophe. Lors de leur formation, les lacs n’ont pas la même grandeur et profondeur. Plus un lac est petit et peu profond, plus que son temps de renouvellement d’eau est long. Il va donc vieillir plus rapidement naturellement. De plus, l’exposition à différents facteurs issus de l’activité humaine qui amène des éléments nutritifs (phosphore et azote); des sels de voirie; l’ensemble des résidus de l’urbanisation, etc. va accélérer son vieillissement naturel et impacter la capacité naturelle d’un lac de se régénérer.

Le lac Saint-Charles

Quel est le taux de renouvellement de l’eau du lac Saint-Charles ?

Environ 18 fois par an, ce qui est relativement élevé.

Comment améliorer la qualité de l’eau du lac Saint-Charles ?

Diminuer l’impact de l’humain sur son milieu de vie reste la première solution pour améliorer la qualité de l’eau. Ainsi, il est primordial de renaturaliser le bassin versant et les rives des cours d’eau. De plus, il faut éviter la mise à nu des sols, puisque lors de grosse pluie, l’eau transporte des sédiments, tel que le limon et l’argile et contribue aux apports en nutriments dans les cours d’eau. Il faut aussi éliminer l’utilisation d’engrais, améliorer le traitement des eaux usées, protéger les milieux humides et même en reproduire sur son terrain lorsque possible (les marais filtrent l’eau et jouent un rôle de rétention). Enfin, avant d’entreprendre des travaux, il est toujours important de se questionner sur l’impact qu’ils auront sur la qualité du cours d’eau. En cas de doute, il est prudent de s’informer auprès de sa municipalité.

Est-ce que le vieillissement du lac Saint-Charles est réversible ?

Afin de pouvoir ralentir le vieillissement, et même le rendre réversible, il faut une gestion efficace des eaux usées d’origine domestique et industrielle. Pour le lac Saint-Charles, cela comprend le raccordement des bâtiments sur installation septique autonome, le raccordement des usines de traitement des eaux usées de la Ville de lac Delage et des Cantons-Unis de Stoneham-et-Tewkesbury, ainsi que leur traitement efficace (primaire, secondaire et tertiaire) et rejet en aval du lac Saint-Charles. Cela fonctionne même dans les bassins versants avec présence d’agriculture La situation est donc encore réversible.

Voici un exemple bien documenté d’un lac qui a réussi à se rétablir : https://link.springer.com/chapter/10.1007/698_5_018

Érosion et imperméabilisation des sols

Qu'est-ce que l'érosion ?

L’érosion est un phénomène par lequel le sol et les roches sont usés de façon plus ou moins rapide par différents agents comment le vent ou l’eau. Par exemple, les gouttes de pluie qui tombent érodent les sols à nu en les brisant en fines particules qui peuvent être transportées par le ruissellement.

Quels sont les impacts de l’érosion et de l’apport de sédiments dans les cours d’eau ?

L’érosion des sols se produit à différentes échelles d’importance. Les impacts se font ressentir tant sur le plan économique qu’écologique :

  • Perte de sols fertiles
  • Blocage des égouts pluviaux et des ponceaux
  • Augmentation des risques d’inondation
  • Augmentation des coûts de filtration de l’eau potable
  • Destruction des frayères
  • Envasement et prolifération de plantes aquatiques
  • Réchauffement de l’eau
  • Apports de fertilisants et de produits toxiques associés aux sédiments

Comment lutter contre l’érosion ?

La végétation est la meilleure arme pour lutter contre l’érosion. Par leur feuillage et leurs racines, les arbres, les arbustes et les plantes herbacées empêchent l’eau de pluie d’arracher le sol et de l’emporter. De plus, la végétation permet d’absorber et de filtrer l’eau, tout en évitant son réchauffement excessif.

La lutte à l’érosion passe également par une attention particulière à porter lors de travaux de construction ou de terrassement. Il s’agit de précautions simples, telles que rétablir rapidement un couvert végétal par l’ensemencement ou l’épandage de paillis ou encore de capter les sédiments à l’aide de barrières ou de fosses avant qu’ils ne parviennent au cours d’eau.

Qu'est-ce que l'imperméabilisation des sols ?

L’imperméabilisation des sols est le résultat du changement ou du recouvrement d’un sol par un matériau imperméable comme l’asphalte, le béton, les membranes, les bardeaux de toiture, etc.

Quels sont les effets de l'imperméabilisation des sols sur les cours d'eau ?

La réduction des surfaces perméables au profit de surfaces imperméables a pour effet de réduire la quantité de pluie qui est infiltrée dans le sol. Les volumes d’eaux qui ruissellent vers les cours d’eau sont donc plus importants et l’eau arrive plus rapidement dans les cours d’eau. Ces changements favorisent les inondations, le transport de sédiments et l’érosion des rives des cours d’eau.

Chez moi

Comment savoir si l’eau de mon puits est de bonne qualité ?

Tout comme l’électricité, l’eau qui coule de notre robinet fait partie intégrante de notre quotidien et on oublie trop souvent de se préoccuper de sa qualité et de sa quantité. Mais, saviez-vous qu’en tant que propriétaire de puits individuels ou de petits réseaux, vous avez la responsabilité de vous assurer de la qualité de son eau dans une perspective de protection de votre santé et de celle de vos proches ?

Malgré qu’elle puisse avoir une apparence claire et limpide et n’avoir aucune odeur ou saveur particulière, l’eau captée peut contenir des éléments pouvant avoir des effets indésirables sur la santé, tels que des microorganismes pathogènes (bactéries ou virus) et des nitrates-nitrites. Par exemple, des bactéries peuvent endommager votre système digestif ou encore se loger dans des plaies et créer de graves problèmes de santé.

Ainsi, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques recommande l’analyse de l’eau au moins deux fois par année, soit au printemps et à l’automne. Il est pertinent de faire cette analyse après une pluie abondante et lorsque des changements surviennent au niveau des paramètres esthétiques de l’eau, du puits ou du sol environnant.

Vous pouvez vous référer au MELCC pour plus d’informations à ce sujet : http://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/potable/depliant/index.htm

Cette courte vidéo de l’OBV Saint-Maurice pourrait également vous être utile : https://www.youtube.com/watch?v=11rqcyS2DBo

Nom Adresse
AGAT Laboratoires 350, rue Franquet, bureau 10
Québec (Québec) G1P 4P3
Téléphone : 418 266-5511
Télécopieur : 418 653-2335
Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec (MELCC) 2700, rue Einstein
Québec (Québec) G1P 3W8
Téléphone : 418 643-1301
Télécopieur : 418 528-1091
Eurofins Environnement Testing 237, rue Liverpool
Saint-Augustin-de-Desmaures (Québec) G3A 2E6
Téléphone : 418 878-4927
Télécopieur : 418 878-7185
Eurofins EnvironeX 4495, boulevard Wilfrid-Hamel, bureau 150
Québec (Québec) G1P 2J7
Téléphone : 418 977-1220
Télécopieur : 418 614-9777
Laboratoires Bureau Veritas – Maxxam Analytics 2690, rue Dalton
Québec (Québec) G1P 3S4
Téléphone : 418 658-5784
Télécopieur : 418 658-6594
Microbios Analytique inc. 550, rue Père-Lelièvre, bureau 108
Québec (Québec) G1M 3R2
Téléphone : 418 872-2345
Télécopieur : 418 872-2339

Comment diminuer la quantité d’eau générée par ma propriété dans le réseau pluvial ?

Il est préférable de déconnecter les gouttières des fossés et des égouts pluviales et de les diriger vers un milieu perméable afin d’assurer son infiltration. On peut aussi emmagasiner l’eau pour favoriser sa réutilisation. De cette façon, l’effet des pluies sur les cours d’eau sera plus diffus et l’eau rechargera la nappe phréatique.

Je souhaite récupérer l’eau de pluie. Quelles solutions s’offrent à moi ?

Il existe différentes solutions d’infiltration et de récupération des eaux de pluie. Parmi les solutions possibles, en voici deux faciles et peu coûteuses à adopter :

  • Installer des barils récupérateurs aux sorties des gouttières : l’eau récupérée peut servir aux usages extérieurs tels que l’arrosage des plantes et du gazon. Les trop-pleins des barils peuvent être redirigés vers un autre baril ou vers une surface perméable comme un jardin pluvial.
  • Aménager un jardin pluvial : esthétique et abordable, le jardin pluvial consiste en un lit de pierres et de plantes de 10 à 30 m² conçu pour capter les eaux pluviales et permettre au sol de les absorber lentement par infiltration. La plupart des gens possèdent déjà des plates-bandes qui peuvent facilement être modifiées pour favoriser l’infiltration. Les descentes de gouttière peuvent être dirigées directement dans le jardin pluvial, qui devrait être situé à au moins 4 m de toutes fondations ou fosses septiques.

Comment puis-je contribuer à réduire la vitesse de l’eau de ruissellement ?

En stabilisant les sols nus; en laissant la végétation pousser dans les fossés pour qu’elle puisse agir comme filtre; et en évitant de déverser des sédiments dans les fossés et les égouts. Il peut aussi retenir une partie de l’eau de pluie sur son terrain en dirigeant les gouttières vers un baril récupérateur ou un jardin pluvial.

Divers

Puis-je me baigner ou canoter dans le bassin versant de la rivière Saint-Charles ?

La baignade et les autres usages récréatifs tels le canotage requièrent une eau de bonne qualité afin d’éviter des problèmes de santé (gastroentérites, irritation de la peau, infections aux yeux et aux oreilles, etc.). Or, les eaux de surface reçoivent, à différents degrés, des eaux usées des installations septiques et des stations d’épuration ainsi que des eaux de ruissellement urbain et agricole. Ces eaux contiennent divers contaminants dont des microbes qui peuvent poser un risque pour la santé humaine. La présence de microbes dans l’eau est évaluée via l’analyse des coliformes fécaux. Ces micro-organismes proviennent de l’intestin des animaux à sang chaud, comme l’humain, les oiseaux et autres mammifères. Leur présence dans l’eau est indicatrice de contamination fécale.

Depuis 2011, l’APEL effectue des suivis bisannuels de la qualité de l’eau des cours d’eau du bassin versant. Plus d’une trentaine de stations sont suivies et échantillonnées aux deux semaines, et cela d’avril à novembre. Différents paramètres physico-chimiques et microbiologiques, tels que les coliformes fécaux, sont analysés. Pour de plus amples informations sur les différents paramètres analysés, visitez notre site Internet.

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques utilise une classification de la qualité de l’eau basée sur les teneurs en coliformes fécaux, afin d’évaluer si celle-ci est suffisamment sécuritaire pour qu’on puisse l’utiliser à des fins récréatives (premier tableau).

L’indice de qualité bactériologique et physico-chimique (IQBP) est aussi utilisé afin de classer les eaux en cinq catégories en se basant sur différents paramètres (coliformes fécaux, phosphore total, matières en suspension, oxygène dissous, pH, chlorophylle a, turbidité, nitrites-nitrates et azote ammoniacal). Dans le tableau ci-dessous, seul le paramètre des coliformes fécaux est présenté.
La meilleure façon d’éviter des problèmes de santé est de s’enquérir de la qualité de l’eau d’un site avant d’y pratiquer une activité entraînant un contact avec l’eau.

Critères de qualité d’eau de surface recommandés par le ministère (MELCC, 2017)

Critère de qualité Objectif du critère
≤ 200 UFC/100 ml Permet tous les usages récréatifs.
200-1000 UFC/100 ml Les usages où il y a contact direct avec l’eau sont compromis.
>1000 UFC/100 ml Tous les usages récréatifs sont compromis.

 

Valeurs seuils des classes de qualité de l’eau de l’IQBP pour le paramètre des coliformes fécaux (tiré de Hébert, 1997)

Classe de qualité IQBP Coliformes fécaux (UFC/100 ml)
Bonne ≤ 200
Satisfaisante 201-1000
Douteuse 1001-2000
Mauvaise 2001-3500
Très mauvaise > 3500

 

Dans le bassin versant de la rivière Saint-Charles, mentionnons que plusieurs cours d’eau où l’APEL fait des suivis réguliers depuis cinq ans dépassent très régulièrement les normes pour la baignade selon le classement ci-haut. Vous pouvez d’ailleurs remarquer à quelques endroits sur le territoire, des pancartes indiquant les plans d’eau où on recommande un accès limité à des fins récréatives compte tenu de la fréquence des dépassements. Le tableau ci-dessous présentent quelques résultats de la campagne d’échantillonnage du suivi rivières 2017. Pour de plus amples détails, visitez notre site Internet (VERS LA PAGE ????).

Station Cours d’eau Moyenne de CF (UFC/100 ml) Nb de dépassements du seuil de baignade Valeur(s) des dépassements
E11 Rivière Noire 114 1 700
E08 Rivière Hibou 82 1 450
E09 Ruisseau des Trois-Petits-Lacs 102 550 1
E01 Rivière des Hurons 198 3 210, 2000 et 270
E02 Lac Delage 141 2 280 et 1800
E04 Rivière Saint-Charles 8 0
E24 Ruisseau du Valet 1322 3 9800, 260 et 330
E28 Rivière Jaune 304 10 450, 530, 500, 310, 310, 570, 420, 220, 900 et 260
REF01 Ruisseau des Eaux-Fraîches 226 4 350, 490, 220 et 500
P02RN Ruisseau Savard 509 5 370, 590, 430, 310 et 2000
E06 Rivière Nelson 293 9 350, 570, 260, 360, 530, 250, 240, 1300 et 300
UTE Rivière Saint-Charles 173 3 450, 1000 et 260

La majorité des dépassements a lieu lors ou suite à d’importants épisodes de pluie.

Quelles sont les différences entre les puits artésiens, les puits de surface et les puits instantanés ?

Le puits artésien

Il est obtenu en perforant une couche de sol ou de roc imperméable pour accéder à une nappe d’eau sous pression. Cette nappe est généralement située à plus de 100 pieds de profondeur. Le puits artésien est habituellement fiable et stable. L’eau souterraine représente une réserve d’eau beaucoup plus abondante que l’eau de surface.

Le puits de surface

Il est alimenté par l’eau qui circule le plus près de la surface du sol. Elle est facilement accessible, sa profondeur ne dépassant généralement pas 25 à 30 pieds. Par contre, cette faible profondeur augmente considérablement les risques de contamination, car les eaux de surface souillées peuvent facilement s’infiltrer. Le rendement d’un puits de surface est plus directement tributaire des précipitations et des conditions climatiques. Débordante à la fonte des neiges, la nappe phréatique peut pratiquement se tarir en période de canicule.

Le puits instantané ou pointe à sable

C’est une façon économique de puiser l’eau de la nappe phréatique. Par contre, bien qu’économique, ce type de puits ne convient que lorsque le sol est composé de sable ou de gravier. Des couches de sol imperméable, des roches ou du roc empêchent l’utilisation de cette technique. De plus, le débit du puits instantané est très aléatoire.
Il est important de noter que dans le cas où les maisons et les chalets sont situés près les uns des autres et que des sources de contamination, tels que des champs d’épuration vieillissants, une fermette ou une rivière contaminée sont à proximité de votre puits de surface ou instantané, il est recommandé de faire des analyses très fréquentes de votre eau et de penser à adopter une source d’eau plus sécuritaire, soit un puits artésien.

Comment se transportent les sédiments ?

Lorsque la pluie s’abat sur un territoire habité, elle fait son chemin vers le cours d’eau le plus près en empruntant les fossés et les égouts pluviaux ou en ruisselant sur le sol. Ce faisant, elle emporte, jusqu’aux plans d’eau, tous les sédiments et autres contaminants que l’on retrouve sur le sol et dans le système de drainage de la région. Lors des averses, l’eau parvenant aux rivières est particulièrement chargée de sédiments à cause de l’érosion survenant sur le territoire urbanisé. Ces sédiments proviennent de sols nus (chantiers, stationnement en sable, etc.), des sables de voiries étendus sur la chaussée et de l’érosion de fossés et de cours d’eau dont le couvert de végétation n’est pas suffisant.

Quels sont les impacts de l’apport de sédiments aux cours d’eau ?

L’apport massif de sédiments aux cours d’eau est problématique, car ils peuvent s’accumuler dans une portion de rivière, forcer le changement de la trajectoire de l’eau et amplifier l’érosion des rives. Ils peuvent aussi nuire à la reproduction des poissons en s’accumulant dans les frayères. De plus, les sédiments transportent une grande quantité d’éléments nutritifs, responsable du vieillissement accéléré (eutrophisation) des cours d’eau et favorise les floraisons de cyanobactéries.

La rivière des Hurons, en amont du lac Saint-Charles, en est d’ailleurs un bon exemple.

Comment les municipalités peuvent contribuer à réduire la vitesse de l’eau de ruissellement ?

Elles peuvent éviter de dégrader les fossés lors de l’entretien et récupérer les sables de voirie au printemps. Lors du développement d’un quartier, la construction de bassins de sédimentation et de rétention permettra de traiter l’eau avant de la retourner tranquillement aux cours d’eau après la pluie.

Quelle est la quantité d’eau douce sur Terre

Seulement 3 % de l’eau de notre planète est douce. De ces 3 %, 73 % sont à l’état solide, sous forme de neige ou de glace, 26 % sont des eaux souterraines, et seulement 0,6 % de ces eaux circulent à la surface de la terre dans les rivières et les lacs. Le reste flotte dans l’atmosphère à l’état de vapeur.

Terre

Les plantes exotiques envahissantes

Quelles sont les espèces exotiques envahissantes présentes dans le secteur du bassin versant du lac Saint-Charles ?

Parfois, en souhaitant améliorer l’aspect esthétique de notre terrain à peu de frais, nous avons l’idée d’aller chercher une plante dans un fossé, un village qu’on a visité ou simplement chez un voisin. Mais, savez-vous que certaines espèces introduites au Québec peuvent être envahissantes et même contribuer à la disparition d’autres espèces de plantes et animaux allant jusqu’à étouffer des plans d’eau ? Il est donc très important de limiter leur propagation, de ne jamais les semer, les planter, les multiplier ou les transporter. Voici donc les principales espèces envahissantes que nous retrouvons déjà en grand nombre dans la région.

RENOUÉE JAPONAISE (NOM FAMILIER : BAMBOU JAPONAIS)

La Renouée japonaise produit des tiges rougeâtres ou brunâtres et creuses d’un diamètre de 1 à 2 centimètres semblables à des pousses de bambou, d’où son nom familier. Ses tiges peuvent atteindre deux à trois mètres de haut au cours de l’été.
Cette plante perturbe les activités humaines : elle limite l’accès aux cours d’eau et affecte la valeur des terres qu’elle envahit. Elle est capable de se reproduire à partir de minuscules fragments de tige ou de racine qui peuvent demeurer en dormance jusqu’à 10 ans dans le sol. Sa croissance est très rapide et elle libère des toxines dans le sol qui inhibent le développement d’autres végétaux. L’absence d’ennemi naturel contribue aussi à son extraordinaire vivacité. On en retrouve à plusieurs endroits et de manière importante sur le territoire, dont les rives de la rivière Saint-Charles.

SALICAIRE POURPRE

La Salicaire pourpre fait environ un mètre de haut, elle a de petites fleurs pourpres ou roses disposées en épis au bout des tiges et sa floraison se produit généralement en juillet et en août. On la trouve dans toutes les provinces canadiennes, mais plus fréquemment dans les milieux humides du Québec et de l’Ontario. La salicaire pourpre est présente en bordure des étangs, des lacs et des cours d’eau peu profonds, sur les plages, dans les fosses-réservoirs, dans les fossés ainsi que dans les canaux d’irrigation et de navigation.
Cette espèce est très agressive et très prolifique. Une seule plante peut se multiplier par milliers en quelques années à peine. On peut l’apercevoir un peu partout dans la région, dans les fossés, les milieux humides, les plates-bandes, etc.

ROSEAU COMMUN

Le roseau commun est une graminée de grande taille (1,5 à 2,5m) qui se propage par graines ou de manière végétative et qui colonise surtout les marais et les bords de route. Ce roseau est maintenant très répandu sur les emprises autoroutières. Une fois installée dans un canal de drainage routier, une colonie de roseaux s’étend en moyenne de 2 à 7 m chaque année. Le roseau ne reste pas confiné aux emprises routières; il se propage souvent (quoique pas de manière systématique) des routes vers les canaux de drainage agricoles et les terres humides adjacentes, ce qui peut causer des problèmes importants à la flore et à la faune des marais. Elle est facilement observable dans les fossés de l’autoroute Laurentienne et dans le milieu humide entourant le lac Savard à Stoneham.

BERCE DE CAUCASE

Cette plante a été introduite sur le continent américain pour des raisons horticoles et a été répertoriée pour la première fois au Québec en 1990. Elle produit de petites fleurs blanches regroupées en ombelles constituées de 50 à 150 rayons et pouvant atteindre de 20 à 50 cm de diamètre. La hauteur des plants varie de 1,5 m jusqu’à 4 m à l’état adulte. Sa sève contient des toxines. Ces dernières sont activées par la lumière et rendent la peau extrêmement sensible au soleil, causant des dommages aux cellules cutanées superficielles (lésions apparentées à des brûlures, douloureuses et parfois graves). Au Québec, elle est une plante exotique envahissante. On l’aperçoit de plus en plus sur le territoire dans les fossés de drainage. En raison de sa toxicité, lorsque vous la voyez, ne tentez pas de la retirer, veuillez plutôt signaler sa présence à votre municipalité.

MYRIOPHYLLE À ÉPIS

Le myriophylle à épi est une plante submergée, qui possède de 3 à 5 feuilles longues et filiformes, qui semblent plumeuses au regard. Il est généralement retrouvé dans les lacs à une profondeur d’eau de 0,5 à 3,5 m. Il provient de l’Europe, de l’Asie et du Nord de l’Afrique et est devenu l’une des plantes aquatiques non indigènes les plus largement répandues de l’Amérique du Nord. Le myriophylle à épi grandit rapidement au printemps, et une fois que les tiges atteignent la surface de l’eau, ils se ramifient dans toutes directions et produisent un tapis dense de végétation et bloquent la lumière du soleil aux plantes en dessous de la surface. En plus d’appauvrir la diversité des plantes aquatiques et l’habitat des poissons, le myriophylle à épi peut nuire à la baignade, à la pêche et à l’utilisation des bateaux. Pour diminuer sa propagation, il est recommandé de ne pas circuler à l’intérieur des zones affectées puisqu’un seul fragment peut former un nouveau plant.
Les pourtours du lac Delage en sont envahis depuis la fin des années 1990 et l’invasion se fait progressivement depuis quelques années au lac Saint-Charles.

Urbanisation

Quel est l’impact de l’urbanisation sur l’environnement ?

L’urbanisation a, entre autres, pour effet de diminuer les surfaces où l’eau peut s’infiltrer naturellement dans les sols. Ce phénomène est communément appelé « l’imperméabilisation des sols ». Par exemple, à l’échelle d’un lot résidentiel, le toit d’une maison représente en moyenne 60 % des superficies imperméables contribuant à générer du ruissellement. La majorité des maisons ont des gouttières branchées directement sur le drain de fondation qui, à son tour, est dirigé dans le fossé le plus près. Ce type d’installation contribue directement à l’augmentation rapide des débits des cours d’eau récepteurs en temps de pluie, ce qui est une cause importante d’érosion, d’apport en sédiments et d’inondations.

Pelouse

Comment entretenir ma pelouse sans pesticides ?

Voici quelques conseils simples et faciles à mettre en pratique afin de vous aider à garder un magnifique terrain, tout en protégeant votre environnement et en diminuant les risques pour la santé de votre entourage.

Soins du sol

Plus le sol sera riche et en santé, plus les racines seront profondes et vigoureuses et plus la pelouse sera belle et résistante aux maladies et aux ravageurs.

  1. Déchaumez le sol. Au printemps, passez le râteau pour enlever les parties de racines mortes du gazon qui retiennent l’eau et maintiennent une humidité trop grande provoquant l’apparition de maladies.
  2. Analysez la structure de votre sol. Le sol doit être aéré et souple, c’est-à-dire que l’on doit pouvoir enfoncer un crayon dans le sol sans difficulté. Dans le cas contraire, il faudra l’aérer à l’aide d’une machine qui prélève des carottes de terre. Vous pouvez louer cette machine ou demander à une compagnie d’entretien des pelouses d’exécuter ces travaux.
  3. Vérifiez le pH ou l’acidité de votre sol. Le pH doit être entre 6 et 7. Un sol proche de 7 favorisera la disponibilité des éléments nutritifs pour les plantes et favorisera l’implantation d’organismes bénéfiques dans le sol. Pour vérifier le pH, vous pouvez vous procurer une trousse d’analyse ou confier le travail à votre centre jardin, la plupart offrent ce service.
  4. Étendez une fine couche de terreau ou de compost sur le sol pour ajouter des minéraux et des micro-organismes.
  5. Ensemencez les parties découvertes avant que les mauvaises herbes ne s’installent !
Arrosage
  1. Arrosez tôt le matin ou en soirée, lorsque le temps est calme, afin d’éviter que l’eau s’évapore ou qu’elle soit transportée par le vent.
  2. Un bon arrosage de 2,5 cm d’eau, une fois par semaine, aidera le gazon à faire des racines profondes qui résisteront davantage à la sécheresse, contrairement à plusieurs arrosages en surface.
  3. N’oubliez pas de tenir compte de l’eau que Dame Nature nous fournit gratuitement. Un arrosage excessif peut favoriser la croissance de moisissures et peut délaver les nutriments présents dans le sol.
  4. Utilisez l’eau de pluie provenant de votre toit en la dirigeant dans un réservoir couvert d’une toile moustiquaire.
Coupe
  1. Une pelouse coupée à 8 à 10 cm de hauteur (3 à 4 pouces) gardera le sol humide et empêchera la plupart des mauvaises herbes de croître, celles-ci ayant besoin de lumière et d’espace.
  2. En laissant le gazon coupé sur place, vous fournirez à votre pelouse 30 % de l’engrais dont elle a besoin.
Engrais
  1. Étendre un peu de compost sur votre pelouse, vous redonnerez des minéraux et « de la vie » à votre sol : une couche d’environ 0,5 cm (¼ de pouce), au printemps ou à l’automne suffira.
  2. Si nécessaire, utilisez un engrais organique ou à base synthétique de bonne qualité qui se relâchera lentement et sera totalement assimilé par votre pelouse en 3 à 4 mois.
Diversifiez
  1. La présence du trèfle est bénéfique à votre gazon, il permet de fixer l’azote présent dans l’air et le rendre accessible aux autres plantes. C’est de l’engrais gratuit !
  2. Il est normal que certains segments de votre terrain ne soient pas favorables au gazon (milieux trop ombragés ou en pente). Remplacez le gazon par une plate-bande ou transformez ce petit coin en prairie naturelle !
  3. Un arbre bien situé peut vous aider à climatiser votre maison en créant de l’ombre.
  4. En plantant des fines herbes dans vos plates-bandes et dans votre jardin, vous éloignerez plusieurs insectes nuisibles. Informez-vous au sujet du compagnonnage des plantes : plusieurs plantes interagissent entre elles et sont une excellente façon de lutter contre certains prédateurs !

Si vous mettez en pratique les conseils ci-dessus, vous ne devriez pas avoir besoin de pesticides. Ceux-ci ne devraient être utilisés qu’en dernier recours! Rappelez-vous qu’il existe une alternative biologique pour presque tous les produits chimiques.

Les milieux humides

Qu’est-ce qu’un milieu humide ?

De façon générale, on appelle milieux humides les habitats formant la transition entre le milieu terrestre (forêt, prairie, etc.) et le milieu aquatique (lac, rivière, fleuve, etc.). Les milieux humides regroupent les marais, les marécages, les petites mares, les zones fréquemment inondées et les tourbières. Bien qu’ils soient parfois petits, ils ont une très grande importance dans le maintien de la qualité de notre environnement.

Est-ce que les milieux humides abritent beaucoup d’animaux ?

Chevauchant littéralement deux « mondes », les milieux humides sont visités par une multitude d’animaux. Pour certains animaux, il s’agit d’une pouponnière de premier choix et pour d’autres, un garde-manger exceptionnel. En fait, la moitié des espèces d’amphibiens et de reptiles et le tiers des oiseaux du Québec ont besoin des milieux humides pour survivre. Un grand nombre de plantes colonisent également ces écosystèmes très spéciaux. Plus du quart des plantes rares du Québec se retrouvent dans les différents milieux humides de notre territoire.

À quoi servent les milieux humides ?

En filtrant l’eau qui y circule, les milieux humides sont l’équivalent des reins et du foie de nos lacs et rivières. En effet, ces zones d’eau peu profonde permettent la décantation des sédiments et les plantes qui s’y retrouvent absorbent ou transforment les éléments nutritifs et réduisent la concentration de certains contaminants présents dans l’eau. De plus, ces milieux agissent comme des éponges en retenant l’eau de pluie et la laissant s’écouler graduellement, de sorte qu’ils contribuent à régulariser les crues et à favoriser la recharge de la nappe phréatique. Cette capacité d’absorption leur permet d’atténuer les conséquences parfois désastreuses des sécheresses et aussi de limiter l’érosion des rives des cours d’eau. Ainsi, la valeur des services rendus à la collectivité par un milieu humide se chiffre rapidement en millions de dollars.